En France, 13 millions de personnes sont touchées par un trouble psychique, en entreprise 42% des salariés se déclarent en détresse psychologique, ce qui affecte leur bien-être au quotidien.
C’est évident, on devrait prendre au moins autant soin de sa santé mentale, que de la santé physique, surtout qu’elles sont fortement inter-liées.
C’est aujourd’hui connu : quelqu’un qui prend soin de sa santé physique en amont, en respectant la règle “bien manger, bien dormir, bien bouger” a moins de maladies ou les traverse plus facilement, a plus d’énergie et de tonus vital au quotidien.
C’est aussi prouvé que quelqu’un qui prend du temps pour son équilibre mental : méditer, souffler, s’exprimer, est plus apte à gérer ses émotions, et par conséquent, à mieux traverser les crises et transitions.
Alors, je me pose la question :
Comment se fait-il qu’on adopte plutôt naturellement une gymnastique du physique, et beaucoup moins, une gymnastique du mental ?
Qu’est ce qui fait qu’on est capables de dédier 1h ou plus par semaine pour aller faire du sport en prévention, ou qu’on puisse se sacrifier dans les plaisirs de nutrition, pour être plus mince, plus tonique, mais qu’on n’arrive pas à s’offrir 5 min par jour pour la santé mentale, ne serait-ce que pour apprendre à accueillir ses émotions ?
Mes clients me disent souvent : “La méditation, dans quel but déjà ? Et que faire quand on respire ?” ou bien “La danse ? Oui c’est génial, mais pas pour moi, j’ai aucun rythme !”
- Il y a sûrement l’effet culturel, de ne pas totalement croire à ces sujets, voire de s’en méfier. Même si les recherches de neurosciences sont factuelles, les bienfaits sur le plan mental ne sont pas aussi visibles à l’œil, qu’un corps qui s’amincit. Je dirais même que c’est accessible qu’aux personnes qui ont un minima de conscience de soi développée. On dit que le corps ne ment pas, cad il nous donne des messages quand la psyché va mal : oui, à condition qu’on s’y penche pour l’écouter…
- Il y a aussi le manque temps, d’énergie… J’entends souvent “Quand j’ai un moment, je ne pense qu’à m’écrouler de fatigue”, mais vous connaissez le dicton : “Si on travaille pour gagner sa vie, pourquoi se tuer au travail ?”
- La priorité aux choses concrètes, déjà validées
- La flemme
- La peur de soi : “Et si je découvrais que je n’étais pas heureux ? “
- Le manque de méthode : “Quelle technique choisir et comment être sûr(e) que c’est la bonne, la plus efficace, que cela ne me fera pas perdre mon temps pour rien ?”
Et puis il y a une autre raison qui me vient à l’esprit et que j’aimerais déposer ici : celle liée à la douleur, au sacrifice, à la souffrance.
On sait bien que quand on sort de la salle de sport on ressent de la douleur physique, si ce n’est de suite, alors au moins le lendemain : les muscles déchirés nous prouvent que nous avons travaillé, et nous procurent alors un sentiment de fierté personnelle. Et même si les résultats visibles ne prendront que quelques semaines ou mois, avoir mal c’est la garantie d’un bon début de travail. De même pour la nutrition : se priver du sucre, du gras ou du salé, même quand on adore cela, est gage d’un début de meilleure hygiène de vie.
Notre culte du sacrifice ne serait-il pas un frein à notre accès au bien-être ?
Car faire des exercices de respiration, de yoga ou d’art-thérapie n’a rien d’une torture (à priori), c’est plutôt le contraire : de la détente, de l’état de présence complète et libre de toute injonction.
Je ne sais pas vous, mais je rencontre beaucoup de personnes qui ne croient simplement pas que “cela puisse être aussi facile”, qui ont la croyance que la détente et le lâcher prise n’amènent rien d’utile, sauf la perte de contrôle, et donc une régression à leur égard, plutôt qu’une évolution. Au mieux, c’est vu comme une pause sympathique, rien de plus.
Et si l’on commençait par croire le contraire, avant de le voir ?
Et si l’on pouvait accéder à un état de gestion de ses émotions et sérénité durables, en s’éduquant à l’auto-bienveillance, l’auto-indulgence ? Autrement dit : et si l’on s’autorisait davantage de plaisir et d’amour pour réussir, voire pour exceller ? …
Car oui, si je fais une séquence de 5 min de cohérence cardiaque chaque soir avant le coucher, je vais améliorer mon sommeil durablement et donc être plus performant(e) le lendemain, si je prends ne serait ce que 2 min de temps en temps pour contempler ce qui m’entoure, ce qui m’arrive de bien, j’éduque mon cerveau à être plus attentif au positif au jour le jour, si je suis attentif à mes sensations corporelles, et donc à entendre mes besoins, je serai plus à même d’y répondre, etc.
J’ai personnellement longtemps dissocié le plaisir du travail, aujourd’hui je réalise que le plaisir est un prérequis au travail bien réussi. Statistiquement, c’est une réalité pour moi, ainsi que pour mes clients.
Alors, prêt(e)s à assouplir la croyance comme quoi il faut se torturer pour réussir ?
Si vous y arrivez, qu’est-ce que cela vous permettrait de plus, de différent dans la vie ?
Prendre soin de sa santé mentale, c’est aussi cela : savoir remettre en question ses croyances, amener du renouveau dans ses habitudes pour mieux se connaître, prendre du recul sur ses visions et perceptions, développer la conscience de soi.
Il ne tient qu’à vous de commencer dès aujourd’hui, sans contrainte, sans forcing, juste parce que vous le méritez !
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